Les hémisphères cérébraux

Le cerveau humain possède deux hémisphères cérébraux. Il est important de préciser que chaque hémisphère s’occupe d’un côté du corps, le contrôle étant croisé. Ainsi l’hémisphère droit s’occupe du côté gauche du corps tandis que l’hémisphère gauche s’occupe du côté droit.

I.Mise en évidence d’une latéralité.

 

En règle générale, l’être humain développe une préférence entre ses deux hémisphères, c’est la latéralité. C’est alors qu’apparaissent sur la planète droitière et gauchère en fonction de facteurs génétiques et environnementaux (comme l’éducation, la pratique d’un sport..). Aujourd’hui on désigne par ambidextrie le fait de n’avoir aucune dominance entre les deux hémisphères, cependant ce cas de figure n’existe pas. Chaque individu présente donc obligatoirement une latéralité.

La latéralité se définit chez l’enfant et devient très difficile à modifier à l’âge adulte. D’autre part, les compétences propres à chacun des hémisphères se développent également pendant l’enfance, plus précisément entre 6 et 11 ans. La pratique d’un instrument ou d’un sport a donc plus d’impact sur le développement du cerveau d’un enfant que chez celui d’un adulte .

On a pu remarquer que les gauchers qui ont été contraints à écrire de la main droite par leur parents étant petit, présentent davantage de troubles que les droitiers. Ils ne se sentent pas toujours bien dans leur peau ou développent des problèmes de langue comme le bégu et requièrent l’aide de psychomotriciens. Ainsi, bien que les facteurs environnementaux aient un certain impact sur la latéralité, les facteurs génétiques sont plus importants. En réalité, même si un gaucher est contraint à écrire de la main droite sa latéralité n’est pas changée mais incomplète, en effet il continuera à utiliser la partie gauche de son corps pour les activités des autres organes tels que l’œil ou l’oreille et présentera des meilleurs résultats que si il utilisait sa partie droite.

D’après notre test, les gauchers présentent globalement des résultats plus homogènes entre main droite et main gauche que les droitiers . Afin de comprendre la raison de cette différence nous avons rencontré une psychomotricienne qui nous a donné une réponse satisfaisante : « Le monde dans lequel nous vivons est un monde de droitier. Tout est fait pour le droitier ; les poignées de portes, même les ciseaux jusqu’au jour où des ciseaux pour gauchers ont été fait. Le gaucher est donc fréquemment amené à utiliser sa main droite et développe ainsi ses compétences alors que le droitier n’a pas toutes ces opportunités. »

Mis à part leur développement dans leur environnement, Comment peut on expliquer qu’il existe des inégalités entre droitiers et gauchers face à une même activité ?(comme pour notre test)

Afin de répondre à cette question nous allons étudier les fonctions distinctes des hémisphères cérébraux. Puis nous verrons que répartition « psychique » ne peut pas être aussi formelle, et qu'il existe toujours une « coopération » entre les deux côtés.

II.Les deux hémisphères des fonctions distinctes

  1. Mise en évidence de spécialités.

Paul Broca fut le premier à mettre en valeur l’existence de zones spécialisées dans le cerveau. Il s’intéressa au trouble du langage. En effet Leborgne, affecté d’aucune paralysie, ne pouvait articuler qu’une seule syllabe. A la mort de celui-ci, Paul Broca comprit l’origine de ce trouble après avoir pratiqué une autopsie. Il constata une importante lésion syphilitique de l'hémisphère gauche au niveau du lobe frontal. Ainsi il mit en valeur le siège du langage dans l’hémisphère gauche dans la seconde ou la troisième circonvolution frontale. Broca pensait avoir trouvé le centre du langage mais il vit son idée contredite par le découverte d’autre zones spécialisées dans le langage par le neurologue allemand Wernicke .

Ainsi ils nomment de leur nom deux zones du cerveau spécialisées dans le langage.

 

 

 

Apparu alors le concept de "dominance" hémisphérique.

Suite à ces découvertes historiques, chercheurs et scientifiques ont pu découvrir d’autres zones cérébrales spécialisées dans les hémisphères.

     2.  Les fonctions distinctes.

Les rôles sont distribués différemment aux deux hémisphères en fonction de la latéralité du sujet, cependant des capacités qui sont propres à chaque hémisphère existent aussi.

• On dit que l'hémisphère cérébral dominant chez les droitiers est le gauche et chez les gauchers le droit. Il faut préciser cette notion en disant que l'hémisphère dominant est l'hémisphère qui gère les fonctions les plus structurées comme la parole ou l'écriture. L'hémisphère « mineur » va gérer des capacités non rationnelles, plus senties comme la créativité.

• A la sortie du livre « Cerveau gauche-cerveau droit » de Springer et Deutch (1981) on suppose l’existence de plus de 17 dichotomies. Il est important de signaler avant de les étudier qu’il est impossible de savoir par une autopsie, dissection ou scanner les rôles joués par chacun des hémisphères. Ces caractères ont donc été supposés suite à des d’analyses de comportements entre droitiers et gauchers dominants, suite à des analyses de températures de certaines zones cérébrales révélant une activité intense, ou encore grâce à la neuroimagerie. Certains chercheurs ont travaillés sur des « split brain » (des patients dont le corps calleux a été sectionné en cas d’épilepsie sévère, entraînant ainsi une déconnexion totale entre les deux hémisphères) et ont pu ainsi mettre en valeur certaines capacités propres à chacun.

Le cerveau gauche est dit plutôt analytique, logique, mathématique, séquentiel. Il fonctionne de préférence à partir du détail, il s'en sert pour aller vers la complexité. Il gère le temps, les savoir faire, les procédures. C'est le siège préférentiel du langage. Il est rationnel.

De l’autre côté nous avons le cerveau droit : On le dit analogique, empirique, intuitif. Il fonctionne plutôt sur la globalité, l'expérience et l'erreur, la déduction. Il gère l’espace, l’intelligence globale, le sens artistique. C'est le siège préférentiel du traitement de l'image et de la communication non verbale. Il est donc plus irrationnel et du domaine émotionnel. Chaque information nouvelle passe par lui.

Nous allons tenter, à partir de ces fonctions distinctes révélées entre les hémisphères cérébraux, de justifier nos hypothèses établies à l’issue du test et d’en établir de nouvelles :

L’hémisphère droit serait supérieur pour extraire l’élément invariant d’un même objet présenté sous différents angles (catégorisation par identité physique) alors que le gauche serait plus compétent pour déceler la qualité fonctionnelle. De plus tant qu’une reconnaissance visuelle est exigée c’est l’hémisphère droit qui analyse tandis que l’hémisphère gauche est dominant pour le traitement auditif et verbal. L’hémisphère droit interviendrait pour l’appréhension des relations spatiales alors que le gauche retrouverait une certaine dominance pour un niveau représentatif abstrait. On retrouve cette supériorité hémisphérique droite dans des épreuves spatiales, en effet la position visuo-spatiale serait mieux reconnue par l’hémisphère droit. Ainsi, les réponses aux stimuli visuels dépendraient de l’hémisphère droit si elles sont motrices (désignation du doigt par exemple) et de l’hémisphère gauche lorsqu’elles sont verbales ou conscientes. D’autre part, l’aspect mnésique des tâches est davantage géré dans l’hémisphère droit, l’encodage spatial des représentations mnésiques aurait lieu dans cet hémisphère. C’est un espace d’élaboration de l’information (système d’échange et de traitement de l’information mise en œuvre par la mémoire à court terme) qui introduit un temps d’écho dans le traitement de l’information.

D’un autre côté on fait face à deux conceptions d’asymétries hémisphériques :

- L’approche structurale : Un hémisphère se trouve plus efficace sur certains organes et processus. Nous donnerons l’exemple de l’hémisphère gauche qui est en relation privilégiée avec la main droite, l’oreille droite, le champ visuel droit. Ainsi lors d’une écoute dichotique l’oreille droite présentera des performances supérieures à celle de l’oreille gauche.

- L’approche attentionnelle : L’activité conditionne l’attention. Ainsi lorsqu’une personne est engagée dans une pensée verbale, l’hémisphère gauche est activé et l’hémisphère droit est inhibé. Cette activité conduit à porter l’attention vers le côté droit de l’espace, à tourner la tête vers la droite, entraînant une sensibilité plus grande de l’hémisphère gauche. Cette attention a une influence profonde et non négligeable sur les résultats constatés.

Interprétations :

- L’hémisphère droit est le plus avantagé face à des activités spatiales, de plus il est dominant pour une reconnaissance visuelle. Cela expliquerait le fait que globalement, nos cobayes droitiers et gauchers indifférenciés, ont présentés de meilleurs résultats lorsqu’ils étaient orientés vers leur côté gauche afin d’attraper la règle avec leur main gauche et ont ainsi pu présenter la compétence de reconnaissance visuelle en utilisant leur hémisphère droit.
-L’hémisphère droit étant dominant chez le gaucher cela pourrait être également un argument en faveur de la supériorité des gauchers lors de ce test.
D’autre part si l’on prend l’aspect mnésique des tâches, l’hémisphère droit serait également le plus performant. Lors de notre test, on pourrait prendre en compte le fait que la personne enregistre l’activité précédente et présente alors de meilleurs résultats aux prochains essais. Le gaucher se trouverait alors plus performant sur du long terme, ceci justifie nos observations.
Cependant, l’hémisphère gauche analyse le traitement auditif, ce qui signifierait que le droitier est plus sensible au « top » que le gaucher. Plusieurs cas de figures sont alors à prendre en compte suivant les approches structurales et attentionnelle, mais le droitier se trouve globalement avantagé.

Avec le temps, on a pu déterminer certaines fonctions propres à chaque hémisphère. Ces capacités différentes semblent avantager gauchers face à une activité, et droitiers face à une autre. Dans le cadre de notre test on a pu justifier les meilleures performances du gaucher par rapport au droitier. Cependant, du fait que nos tests ont été élaborés sur une trop petite population et que les capacités des hémisphères ne soient pas encore clairement définies, nous sommes dans l’incapacité de fournir une conclusion fondée et incontestable.

Mis à part les qualités des hémisphères entrant dans le cadre de notre test, la distinction des niveaux émotionnels entre nos deux hémisphères semble importante à souligner. Même si la lecture de mots et le langage dépendent surtout de l’hémisphère gauche, l’hémisphère droit intervient dans la reconnaissance de mots exprimant une forte émotion. L’hémisphère droit joue donc un rôle non négligeable dans le langage car il possède un certain niveau de compétence linguistique hors parole et hors analyse mais un encodage phonémique et sémantique.

Pour illustrer cette idée nous prendrons l’exemple d’études comportementales qui ont été élaborées sur le traitement littéral des métaphores chez les cérébro-lésés droits ou gauches ; l’expérience consistait à demander aux patients d’associer une phrase telle que « il a le cœur gros » à un des quatre dessins représentant la métaphore. Les dessins étaient soit une illustration du sens littéral de la métaphore (un homme portant un gros cœur dans ses mains), soit une illustration de la métaphore (un homme pleurant), ou soit un aspect du sens littéral (le dessin d’un cœur et le dessin d’une personne obèse). Les résultats étaient assez révélateurs du fait que les cérébro-lésés droits choisissaient systématiquement l’illustration de l’homme portant dans ses mains un cœur de taille démesuré et que les cérébro-lésés gauches, bien que réussissant moins bien l’épreuve que les non-lésés, présentaient de meilleures performances que les cérébro-lésés droits.
Les neurologues rapportent que les lésions de l’hémisphère droit perturbent également les autres composantes dîtes « non verbales » de la communication. Ainsi l’hémisphère gauche ne peut se passer de l’hémisphère droit pour une compréhension complète et inversement.

Cette approche du domaine émotionnel nous permet de mettre en évidence la collaboration des deux hémisphères au traitement des informations : on parle de coordination cérébrale.

    3.  La coordination

Nous trouverons deux parties du cerveau qui permettent un lien cérébral entre les deux hémisphères : le cervelet et le corps calleux.

Le cervelet permet la coordination des mouvements de par son lien particulier qu’il offre entre les deux hémisphères (ceci sera approfondi dans la prochaine partie).Il est situé à l’arrière du cerveau, en dessous des hémisphères.

Le corps calleux lui, est situé entre les deux hémisphères qu’il lie grâce à des fibres nerveuses. C’est la commissure la plus importante car elle lie toutes les parties du cerveau, elle assure donc le transfert d'informations entre les deux hémisphères et ainsi leur coordination. On a pu voir précemment que lorsqu’on sectionne le corps calleux chez un individu (que l’on appelle alors split-brain) plus aucun lien n’est présent entre hémisphère droit et gauche qui ne s’échangent plus les informations (ce qui a permis de dévoiler leurs rôles différents).

 

 

 Cependant les hémisphères possèdent des fonctions distinctes, contradictoires mais complémentaires, ainsi afin de mener à bien une activité nous utilisons nos deux hémisphères qui s’échangent leurs informations et analyses.

Ainsi, bien que dans notre test nous avons pu mettre en évidence les performances différentes des gauchers face aux droitiers, il est important de préciser que le droitier, dont l’hémisphère dominant est le gauche, a accès aux qualités présentes dans l’hémisphère gauche et inversement. Le corps calleux est donc indispensable.

Prenons un exemple afin d’illustrer son importance :

Si on demande à une personne de lire un texte à haute voix, son hémisphère droit va le lire mais ne pourra pas le faire dire, le corps calleux intervient ici, il va transmettre l’information à l’hémisphère gauche qui va se charger de la réponse orale.

Prenons quelques critères dans le cadre de notre test ; l’hémisphère gauche est dominant pour le traitement auditif et verbal et va analyser le « top »,cependant la personne ne rattrapera pas la règle si cette information n’était pas transmise à l’hémisphère droit qui lui reconnaitrait la position visuo-spatiale de l’objet.

D’autre part, on trouvera l’exemple incontestable des premiers philosophes qui étaient ni tout à fait artistes ni tout a fait scientifiques mais qui se servaient alternativement de leurs deux penchants en tirant le meilleur parti de leurs deux hémisphères cérébraux.

Compréhension d’un texte ou d’un discours, réponse construite orale, écrite ou gestuelle, reconnaissance des visages et association aux prénoms, ou encore reconnaissance des objets et mise en relation avec son identité et sa fonctionnalité ne sont qu’un échantillon de la multitude des activités que les hémisphères doivent organiser ensemble.

De plus on trouve certaines activités bilatéralisées, ainsi certains stimuli spatiaux et verbaux ne seraient pas uniquement détectés par un des hémisphères mais en parallèle.

En revanche, ajouté à la coordination des activités cérébrales dans le cadre d’un traitement d’informations entrante, on trouve aussi la coordination des mouvements ; Ainsi je suis actuellement en train d’écrire avec mes deux mains qui sont totalement coordonnées même si contrôlées par deux hémisphères différents.

La coordination s’opère naturellement chez l’individu, ceci au cours de son développement. Cependant elle peut aussi être stimulée par la pratique d’un sport ou d’un instrument visant à un même but. On différentiera donc la guitare, avec laquelle les deux mains coordonnent pour un même son du le piano, pour lequel les mains se différentient pour produire un son différent, auquel cas nous parlerons plutôt de dissociation des deux mains. L’organe responsable de la coordination des mouvements est le cervelet.

 

 Rachel MAHOUN

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