La dissociation des deux mains

Pour aborder le plus simplement possible le thème de la dissociation d’un mouvement, il est important d’en connaître son sens :
La dissociation est le fait de différencier deux mouvements.Prenons l’exemple d’une personne jouant au piano, dans certains morceaux ses mains feront exactement les mêmes gestes : c’est la coordination, alors que dans certains autres morceaux, elles auront un mouvement totalement différent : c’est donc la dissociation des deux mains.

I. La mémoire : élément moteur à la dissociation des mouvements

La dissociation s’acquiert grâce à un apprentissage, c’est à dire un processus modifiant un comportement ultérieur : la mémoire.
La mémoire est la capacité à se rappeler des expériences passées.
Nous possédons trois types de mémoires :
-La mémoire sensorielle : elle permet de conserver une information détectée brièvement par les sens.
- La mémoire courte : elle permet d’enregistrer temporairement des instants de vie.
-La mémoire à long terme : elle permet de garder en mémoire des événements, des attitudes ainsi que des actions à très long terme (peut durer une vie entière).

 On trouve également la mémoire procédurale qui trouve aussi son importance dans le développement d’une capacité à développer la dissociation des mouvements. Elle correspond au savoir-faire. Elle sert à réaliser des opérations complexes souvent motrices (conduire une voiture, faire du vélo ...) et entre probablement en jeu dans l'apprentissage "par cœur".
La mémoire est donc un facteur important de la dissociation.
D’autre part, la mémoire ne gardera pas la même intensité de travail. En effet, les capacités cérébrales ralentissent avec l’âge car la transmission des informations est moins rapide. On peut donc affirmer que les nouvelles acquisitions sont plus difficiles pour les personnes âgées.

II. L’apprentissage

L’apprentissage est étroitement lié à la mémoire. En effet, elle en est responsable, ce qui explique les inégalités d’apprentissage.
Bien que l’on puisse trouver dans de rares cas des enfants prodiges, qui naturellement, ont des facilités de dissociation des deux mains comme dans la musique ou le sport, l’apprentissage est le plus souvent indispensable dans la dissociation des mains.
La mémoire à long terme sera perturbée par un nouvel apprentissage.
En effet, nous pouvons prendre comme exemple un jeune pianiste qui devra, pour apprendre un morceau, réaliser des mouvements différents simultanément avec ses deux mains. La main faisant l’action la plus simple nécessitera moins d’attention que celle dont les actions comportent des variations et des adaptations.
Malgré la difficulté de ce travail, les gestes dissociés deviendront de plus en plus faciles : c’est ce que l’on appelle l’apprentissage.
C’est pour cela qu’un pianiste débutant devra fournir un travail acharné avant d’arriver à pouvoir jouer des deux mains.
Cependant, ce travail est plus compliqué pour les adultes que pour les enfants et les adolescents.

III. Réaction du cerveau lors d’un mouvement dissocié

Lorsque le pianiste fait deux actions dissociées avec ses mains, les cellules réceptrices spécifiques de ces membres supérieurs vont capter les différentes informations rapportées en influx nerveux qui sont alors interprétées au niveau des organes des sens, et transmis par des nerfs à de nombreuses aires spécifiques du cerveau.

Ces informations sensorielles sont intégrées à différents niveaux et se complexifient au fur et à mesure du trajet. Dès la sortie des organes récepteurs, il existe un traitement élaboré du signal (phénomène d'inhibition latérale)

De l'organe récepteur, les informations arrivent dans le thalamus, sorte de « gare de triage neurosensorielle ».

Les informations nerveuses sont ensuite envoyées dans des zones du cortex (cortex primaire) qui sont spécifiques au type de message. Ainsi, les informations en provenance des yeux arrivent au cortex visuel primaire situé dans le cortex occipital, les informations auditives se projettent sur le cortex auditif primaire situé dans le lobe temporal, puis les informations provenant du corps se déplacent au niveau du cortex somesthésique localisé dans le lobe pariétal, à la limite pariéto-frontal.

 

 Ilana COHEN

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